Divorcer sans avocat : une fausse bonne idée ou un vrai gain de liberté

Divorcer sans avocat : une fausse bonne idée ou un vrai gain de liberté ?

Le divorce sans avocat attire de plus en plus de couples souhaitant se séparer rapidement et sans frais excessifs. Mais est-ce réellement une option viable ? Entre démarches administratives et sécurité juridique, il est essentiel d’évaluer si cette solution est adaptée à votre situation.

Marie Laurent, experte en droit familial, a analysé cette possibilité dans son article de référence : Divorcer sans avocat : démarches et conseils pratiques. Inspirons-nous de son expertise pour faire le point.

1. Peut-on réellement divorcer sans avocat en France ?

1.1. Un divorce sans avocat est-il légal ?

En France, la loi impose la présence d’un avocat dans la plupart des procédures de divorce. Cependant, certaines situations permettent de s’en passer partiellement.

L’exception : le divorce par consentement mutuel sans juge

Depuis la loi du 18 novembre 2016, le divorce sans juge, aussi appelé divorce par acte d’avocat, permet aux époux de formaliser leur séparation par une convention sous seing privé. Mais chaque conjoint doit obligatoirement être assisté par un avocat (article 229-1 du Code civil).

1.2. Cas où l’avocat est obligatoire

Type de divorcePrésence obligatoire d’un avocat
Divorce par consentement mutuel (sans juge)✅ Oui, 1 avocat par époux
Divorce contentieux (faute, altération lien conjugal)✅ Oui
Divorce à l’amiable avec enfant mineur demandant à être entendu par un juge✅ Oui

2. Les démarches pour un divorce sans juge (et à moindre coût)

2.1. Les conditions pour éviter un divorce contentieux

  • ✅ Les deux époux sont d’accord sur toutes les conséquences du divorce (garde des enfants, pension alimentaire, partage des biens…).
  • ✅ Aucun enfant mineur ne demande à être entendu par un juge.
  • ✅ Aucune mesure de protection (tutelle, curatelle) ne concerne l’un des époux.

2.2. Étapes clés d’un divorce à l’amiable

  1. Choisir un avocat chacun : obligation légale depuis 2017.
  2. Rédaction de la convention de divorce avec l’aide des avocats.
  3. Signature et délai de réflexion : chaque conjoint dispose d’un délai de 15 jours avant de signer.
  4. Enregistrement chez le notaire : une fois signée, la convention est déposée chez un notaire qui lui donne force exécutoire.

3. Les risques d’un divorce sans accompagnement juridique suffisant

3.1. Risques juridiques et financiers

  • ⌠Mauvaise répartition des biens : un accord déséquilibré peut être contesté plus tard.
  • ⌠Pension alimentaire et prestation compensatoire mal évaluées : risque de litiges futurs.
  • ⌠Erreur administrative : un dossier incomplet peut ralentir la procédure.

Référence légale : Article 270 du Code civil – « La prestation compensatoire est fixée selon les besoins de l’époux à qui elle est versée et les ressources de l’autre en tenant compte de la situation au moment du divorce et de l’évolution prévisible. »

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4. Foire aux questions (FAQ)

Peut-on divorcer sans avocat si on est d’accord sur tout ?

Non, même en cas d’accord total, chaque époux doit être assisté par un avocat selon l’article 229-1 du Code civil.

Combien coûte un divorce amiable avec avocat ?

Environ 1 000 € à 3 000 € au total, en fonction des honoraires des avocats et des frais de notaire.

Peut-on rédiger nous-mêmes la convention de divorce ?

Non, elle doit être rédigée par les avocats des deux parties et respecter un formalisme juridique strict.

Ce qu’il faut retenir

Si éviter un avocat totalement est impossible en France, il existe néanmoins des moyens de réduire les frais et d’accélérer la procédure. Un divorce bien préparé, un accord clair entre les époux et une bonne anticipation des conséquences financières permettent d’éviter bien des désagréments.

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